Faut-il multiplier ou changer d'échelle ? Telle est la question.


À première vue, aucune différence ne distingue l'action de multiplier une dimension (par un facteur donné en pourcentage) de celle de réassigner son échelle (selon le même pourcentage). Prenons un document InDesign formé de quatre blocs — comme ci-dessous — et étirons tous les éléments en largeur en leur appliquant le facteur 120 %.

Quatre blocs carrés à redimensionner avec Equalizer.

Peu importe l'opération choisie dans Equalizer (Multiplier vs Échelle), le résultat est manifestement le même, à savoir que la dimension visée s'est vue multipliée par 1,2 (=120 %) en chaque objet cible.

Facteur de 120 % appliqué à toutes les largeurs.

Pourtant il y a bien une petite différence, et elle deviendra cruciale selon la politique de mise à échelle en vigueur dans votre configuration d'InDesign. Techniquement, changer l'échelle d'un objet ne fait qu'atteindre un paramètre de sa « matrice de transformation » sans modifier ses dimensions internes. À l'inverse, redimensionner un objet altère réellement sa géométrie, c'est-à-dire sa forme et sa taille intrinsèques.

Sauf qu'InDesign dispose d'une préférence générale, activée par défaut, dont l'effet est de traduire silencieusement toute mise à l'échelle en redimensionnement :

Préférence d'InDesign affectant (sensiblement !) le résultat d'une mise à l'échelle.

• Lorsque l'option « Appliquer au contenu » est sélectionnée, les blocs ne retiennent pas leur facteur d'échelle. À chaque fois que vous appliquez un pourcentage (disons 120 %) à telle ou telle dimension, InDesign l'entend comme un facteur de redimensionnement effectif, si bien qu'il modifie la géométrie sous-jacente et lui réattribue systématiquement une échelle de 100 %. Autrement dit, les carrés ci-dessus deviennent des rectangles « pur jus ».

• Mais, si « Ajuster le pourcentage de mise à l'échelle » est activé, l'échelle n'agit plus comme un facteur de redimensionnement interne, elle subsiste comme effet d'une transformation. Dans ce cas, nos carrés demeurent des carrés quoiqu'ils nous apparaissent rectangulaires en raison d'un grossissement d'échelle (120 %) sur l'axe horizontal. Dans InDesign, les panneaux Contrôle et Transformation maintiennent alors la visibilité de ce coefficient d'échelle :

Quand le facteur d'échelle reste visible.


Dans Equalizer, l'opération de mise à l'échelle se conforme religieusement aux préférences d'InDesign. En certaines circonstances, vous pouvez souhaiter que vos documents reposent sur des facteurs d'échelle persistants pour tous les objets, auquel cas le script vous permettra de réinitialiser l'Échelle à une valeur uniforme — tandis que Multiplier produirait un redimensionnement par facteur.

En outre, quelles que soient les préférences générales d'InDesign, les objets internes (graphiques, pages importées, etc.) mémorisent et reflètent toujours leur facteur de mise à l'échelle. Pour ce type d'objets, la différence entre Multiplier et Échelle devient flagrante (cliquez sur l'animation ci-dessous pour une vue complète) :

Multiplication vs changement d'échelle dans le cas d'une image intégrée.

Equalizer est assez fin pour traiter la Multiplication et l'Échelle comme deux tâches distinctes, il peut d'ailleurs appliquer l'une et l'autre indépendamment selon les deux dimensions. Pour obtenir exactement le résultat que vous recherchez, pensez à contrôler vos préférences InDesign et spécifiez dans eQ les paramètres en accord avec vos choix. Le script s'occupe du reste.